Haïti-insécurité: Assassinat d’un hôtelier à Gros-Morne après son enlèvement par le gang « Kokorat san ras »

Le climat d’insécurité persiste dans le département de l’Artibonite, où le gang armé « Kokorat san ras » continue de semer la terreur. La semaine dernière, trois personnes ont été enlevées dans la commune de Gros-Morne, dont Élie Limarge, propriétaire de le Beau Rivage Hôtel . Ce dernier a été retrouvé mort après plusieurs jours de séquestration, malgré le versement d’une partie de la rançon exigée.

Selon les déclarations du magistrat communal Hubert Cénéac, les faits se sont produits au centre-ville de Gros-Morne, dans la zone de Morne Marguerite. Les membres du gang, basé à Ti Bois d’Homme , ont exigé une rançon de 300 000 dollars américains pour libérer leurs otages. La famille de M. Limarge a versé une partie de cette somme ainsi que deux véhicules appartenant à l’homme d’affaires dans l’espoir de le sauver.

Malgré ces efforts, les ravisseurs ont exécuté leur victime et abandonné son corps sans vie à Morne Marguerite. Ce meurtre brutal a profondément choqué la communauté locale, déjà fragilisée par la recrudescence des actes criminels dans la région.

Les deux autres otages enlevés lors de cette même opération sont toujours entre les mains du gang, a précisé le magistrat. Il déplore l’absence de réaction de l’État face à la montée en puissance de ces groupes armés. « Aucun effort sérieux n’a été entrepris pour démanteler les bases criminelles de Ti Bois d’Homme », a-t-il souligné dans une interview accordée à Radio Caraïbes.

M. Cénéac appelle d’urgence la Direction départementale de la police à intervenir pour neutraliser le gang « Kokorat san ras » et sécuriser la population de Gros-Morne et de l’ensemble de la vallée de l’Artibonite. Il affirme que cette cellule criminelle fait partie des trois foyers de violence les plus actifs dans la région. Ce nouveau drame relance le débat sur la capacité de l’État haïtien à rétablir l’ordre public et protéger ses citoyens dans un contexte de crise sécuritaire de plus en plus critique.

Judelor Louis Charles