
La situation sécuritaire continue de se détériorer en Haïti, où les groupes armés multiplient les attaques meurtrières, mettant en évidence les limites de la transition politique en cours et l’incapacité de l’État à rétablir l’ordre.
Dans le Sud-Est, précisément à Séguin, dans la commune de Marigot, au moins sept personnes ont été tuées lors d’une attaque armée survenue dans la nuit du 13 au 14 avril 2026, selon des informations relayées par des sources locales et des organisations communautaires. Des maisons ont été incendiées et plusieurs familles ont fui la zone, aggravant la crise des déplacés internes déjà préoccupante.
Dans le département de l’Artibonite, la localité de Jeandeni a été le théâtre d’un massacre ayant fait plusieurs dizaines de morts. Si aucun bilan officiel détaillé n’a encore été publié, des témoignages concordants recueillis sur place font état d’une attaque de grande ampleur menée par des groupes armés opérant dans la vallée de l’Artibonite, une région de plus en plus sous leur contrôle.
Ces violences s’inscrivent dans une tendance confirmée par les données des Nations unies. Selon le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), plus de 8 400 personnes ont été tuées, blessées ou enlevées entre 2024 et 2025, soit une hausse significative par rapport à l’année précédente. De son côté, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime à plus de 360 000 le nombre de déplacés internes à travers le pays, principalement à cause des violences armées.
Face à cette escalade, la apparaît en grande difficulté. Malgré des annonces de renforcement et des opérations ponctuelles, elle reste en posture défensive, manquant de moyens logistiques, d’effectifs et de coordination pour reprendre le contrôle des territoires dominés par les gangs.
La transition politique, censée rétablir la stabilité et préparer le retour à l’ordre constitutionnel, peine à produire actions concrètes. L’absence d’élections, la faiblesse des institutions et le manque de leadership renforcent un climat d’impunité dont profitent les groupes armés pour étendre leur influence.
Sur le terrain, la population paie le prix fort. Entre massacres, déplacements forcés et insécurité généralisée, les appels à une réponse urgente se multiplient, tant au niveau national qu’international. Sans action rapide et structurée, le pays risque de s’enfoncer davantage dans une crise sécuritaire et humanitaire sans précédent.
Judelor Louis Charles
