
Dans une note rendue publique ce mercredi 15 avril 2026 sur la conjoncture sociopolitique du pays, l’organisation Altènativ Sosyalis dresse un tableau préoccupant de la situation en Haïti. Elle met en lumière une aggravation de l’insécurité, la persistance des inégalités sociales et des décisions politiques jugées controversées.
Dès l’entame, l’organisation exprime sa profonde compassion envers les victimes de la violence armée, notamment celles tombées sous les assauts des groupes criminels communément appelés « Viv ansanm ». Elle rend hommage à ces vies brutalement fauchées et adresse ses sympathies aux familles endeuillées, soulignant que chaque perte humaine constitue une atteinte à l’ensemble de la nation.
Dans son analyse, Altènativ Sosyalis considère la violence des gangs comme le résultat d’un enchevêtrement de facteurs historiques, politiques, économiques et sociaux, exacerbés par la faiblesse des institutions étatiques.L’organisation estime que les conditions de vie imposées par les élites dominantes en matière de logement, d’emploi, d’environnement et d’accès aux services de base ont favorisé l’émergence et la prolifération de ces groupes armés. Elle plaide ainsi pour la mise en place d’un gouvernement à forte orientation sociale, capable d’apporter des réponses structurelles à la crise sécuritaire.
Revenant sur ses prises de position antérieures, Altènativ Sosyalis rappelle avoir, dès avril 2025, exigé un renouvellement complet du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), qu’elle jugeait déjà inapte à contenir la dégradation de la situation sécuritaire.
Face à l’ampleur de la crise, l’organisation lance un appel à la mobilisation générale. Elle exhorte la population à faire front commun avec les forces publiques contre les groupes armés, tout en dénonçant certains acteurs politiques, économiques ainsi que des segments de l’oligarchie qu’elle accuse de privilégier leurs intérêts au détriment du bien commun. Elle pointe également du doigt des opérateurs du secteur privé et leurs relais au sein de l’appareil d’État, soupçonnés d’alimenter l’insécurité à des fins opportunistes.
Sur le plan économique, Altènativ Sosyalis critique vivement la décision du gouvernement d’augmenter les prix du carburant, une mesure qu’elle juge particulièrement injuste dans un contexte de précarité généralisée. Selon elle, cette politique fait peser le poids de l’austérité sur les couches les plus vulnérables, tout en préservant les privilèges des hauts responsables de l’État.
L’organisation rappelle par ailleurs que, malgré les fluctuations des prix du pétrole sur le marché international, les ajustements opérés par les autorités haïtiennes se font le plus souvent au détriment des consommateurs. Elle appelle ainsi à une révision de ces politiques et à l’adoption de mesures réellement favorables à la population.
En conclusion, Altènativ Sosyalis estime que la crise multidimensionnelle que traverse le pays marquée par l’insécurité, la cherté de la vie et la violence institutionnelle relève avant tout d’un choix de société. Elle invite à repenser en profondeur les fondements de la gouvernance nationale et à privilégier une orientation axée sur l’intérêt collectif plutôt que sur celui d’une minorité.
Judelor Louis Charles
