La crise politique haïtienne prend une nouvelle dimension avec la montée d’un front uni de partis politiques qui remettent en cause non seulement les actions du gouvernement, mais aussi sa légitimité à diriger seul le pays. Réunis le jeudi 20 mars 2026, plusieurs acteurs politiques ont scellé une alliance stratégique autour d’une revendication majeure : la mise en place d’un exécutif bicéphale comme alternative à l’actuel mode de gouvernance.

Au cœur de leur contestation, ces partis dénoncent une concentration excessive du pouvoir entre les mains du Premier ministre Alix Didier Fils Aimé . Ils estiment que cette configuration fragilise l’équilibre institutionnel et ouvre la voie à des décisions unilatérales, notamment en matière de gestion financière et de signature de contrats publics.

Les critiques se cristallisent particulièrement autour de plusieurs accords conclus avec des entreprises étrangères. Selon les opposants, ces contrats, portant sur des montants de plusieurs millions de dollars, auraient été signés sans transparence ni mécanismes de contrôle adéquats. L’absence d’appels d’offres publics est pointée du doigt comme un symptôme d’un dysfonctionnement plus large de l’appareil étatique.

Pour le represantant de l’accord Montana Jean Henel Buteau , cette situation reflète une gouvernance capturée par des intérêts économiques spécifiques. Il dénonce un système dans lequel le chef du gouvernement agirait sous influence, au détriment de l’intérêt général, renforçant ainsi la défiance populaire envers les institutions.

De son côté Maître Theophin, insiste sur l’illégalité présumée des décisions prises. Il soutient que sans base constitutionnelle solide, le gouvernement actuel ne peut engager valablement l’État, en particulier dans des accords internationaux. Cette lecture est partagée par , qui invoque la Constitution pour rappeler que certaines prérogatives, notamment électorales, relèvent exclusivement de la fonction présidentielle.

Au-delà des critiques, cette coalition cherche à imposer un nouveau cadre politique basé sur le partage du pouvoir exécutif. L’objectif affiché est de restaurer une forme de légitimité institutionnelle et de rétablir la confiance entre l’État et la population.

Dans ce contexte tendu, l’appel à la mobilisation citoyenne lancé par ces partis traduit une volonté d’inscrire le rapport de force dans la rue autant que dans les sphères politiques.Organisations de la société civile, groupes communautaires et citoyens sont ainsi invités à se joindre à ce mouvement pour exiger plus de transparence et une gouvernance plus inclusive.

Alors que le pays reste enlisé dans une crise multidimensionnelle, cette initiative pourrait redéfinir les équilibres politiques. Elle pose surtout une question centrale : celle de la capacité des institutions haïtiennes à se réinventer face à une contestation croissante.

Judelor Louis Charles