
Le journaliste et auteur Deslande Aristilde a lancé AI Mood, un album entièrement conçu avec l’aide d’une intelligence artificielle. Présenté comme une expérience artistique novatrice, ce projet divise déjà le monde culturel. Pour certains, il s’agit d’une avancée créative majeure ; pour d’autres, d’une trahison de l’essence même de l’art.
Autrefois, la musique jaillissait d’un souffle, d’une émotion brute, d’une voix tremblante ou d’un silence chargé d’humanité. Aujourd’hui, elle naît de l’intérieur d’un serveur. Et si AI Mood fascine par sa qualité sonore et son audace technologique, il inquiète aussi par ce qu’il symbolise : la lente disparition de l’artiste derrière l’écran.
« Ce n’est plus de la création, c’est de la programmation », déplore Marie-Angélique Saint-Juste, chanteuse et compositrice.
« L’art, c’est la douleur, la joie, les failles humaines. Une machine ne peut pas ressentir ça. Elle peut copier, jamais vibrer. Si demain tout le monde compose avec l’IA, à quoi bon encore rêver ? », ajoute-t-elle.
Le créateur de l’album, Deslande Aristilde, défend pourtant une vision plus nuancée. Dans plusieurs interventions, il explique que AI Mood n’est pas une capitulation face à la technologie, mais une collaboration. L’IA, selon lui, élargit les frontières de la créativité humaine.
Mais cette “symbiose” ne convainc pas tout le monde. Certains y voient au contraire le signe d’une dépendance inquiétante : l’humain qui délègue à la machine le pouvoir d’émouvoir.
« On appelle cela un album, moi j’y vois un avertissement, ce projet prouve que la technologie peut imiter les émotions, mais aussi les remplacer. Et le jour où le public ne fera plus la différence, la mort de l’art humain sera consommée. », estime Jean Michel Dorcé, critique d’art.
Il convient de préciser que les paroles et les styles musicaux de l’album ont été conçus par Aristilde Deslande, et que c’est lui qui oriente l’IA dans ses choix.
AI Mood explore l’amour, la philosophie, la société des thèmes nobles. Mais comment une intelligence artificielle, dénuée d’âme, de chair, de vécu, peut-elle vraiment parler d’amour ? Peut-elle traduire la douleur d’une rupture ou la douceur d’un regard ?
Derrière les harmonies et les mots générés se cache une question plus large : quelle place reste-t-il à l’humain dans la création artistique ?
L’époque avance vers une ère où les “prompts” remplacent les partitions, où les algorithmes supplantent les inspirations. L’IA n’est peut-être pas encore un maître, mais elle n’est plus tout à fait un simple outil.
AI Mood, plus qu’un album, ressemble à un miroir tendu à notre société fascinée par la technologie, mais en train d’oublier son âme.
Et si nous ne réfléchissons pas dès aujourd’hui à cette mutation, demain, ce ne sera plus l’IA qui imitera nos émotions ce seront nos émotions qui tenteront d’imiter l’IA.
Lien de l’album: https://youtube.com/playlist?list=PLuVLMDBz01uzJ-kIN2V656EIVcQ4eMEgk&si=1w1e-LWYchUBKu8O
AlassoPress
