Dans une Haïti qui cherche désespérément les chemins du redressement, il existe encore des territoires qui portent en eux les ressources d’un autre avenir. Des territoires où la nature n’a pas été avare, mais où l’absence d’investissements, d’infrastructures et de vision économique a empêché ces richesses de devenir une véritable force de développement. Le Bas-Artibonite est de ceux-là.

Au moment où notre pays fait face à une crise économique et alimentaire profonde, où la dépendance aux importations fragilise davantage notre économie et où le chômage prive des milliers de familles de perspectives, il devient urgent de changer notre manière de penser le développement. Haïti ne manque pas seulement de ressources ; elle manque surtout d’une stratégie capable de transformer ses ressources en richesse, en emplois et en souveraineté.

C’est dans cette perspective que Grande-Saline mérite une attention particulière.

Car ici, la terre, l’eau et la mer se rencontrent. Trois éléments fondamentaux qui, lorsqu’ils sont intelligemment organisés autour du travail, de la technologie, de la transformation et de la logistique, peuvent constituer les piliers d’une économie locale puissante et durable.

Grande-Saline ne doit donc plus être considérée uniquement comme une commune parmi d’autres. Elle peut devenir le point de départ d’une nouvelle conception du développement du Bas-Artibonite. Avec Drouin, Bocozelle, Desdunes et L’Estère, elle peut s’inscrire dans un vaste bassin économique où l’agriculture, la riziculture, la pêche, la production de sel, l’agro-industrie, le transport et la logistique maritime se complètent au lieu d’évoluer séparément.

L’enjeu est considérable : ne plus se contenter de produire pour vendre des matières premières, mais produire pour transformer, conserver, transporter, distribuer et créer de la valeur.

Autrement dit, il ne s’agit pas simplement de demander : « Que pouvons-nous produire ? » Il faut désormais poser une question beaucoup plus ambitieuse :

« Que pouvons-nous construire à partir de ce que nous produisons déjà ? »

La réponse pourrait ouvrir une nouvelle page de l’histoire économique du Bas-Artibonite.

Car lorsqu’un territoire transforme son riz en produits finis, son poisson en produits halieutiques à valeur ajoutée, son sel en produit conditionné et commercialisé, lorsqu’il dispose de routes agricoles, d’entrepôts, de chaînes du froid, de moyens de transport modernes et d’une logistique efficace, il ne vend plus seulement des ressources : il construit une économie.

Et c’est précisément cette vision que porte KONNEN KI FÈ à travers « Grande-Saline à l’assaut du développement durable » : une vision dans laquelle le développement ne vient pas d’ailleurs, mais commence par la valorisation intelligente de ce que nous possédons déjà.

a la terre.
Elle a l’eau.
Elle a la mer.
Le Bas-Artibonite a le potentiel agricole.
Haïti a besoin de produire.

 

Il ne manque désormais qu’une chose : transformer ce potentiel en une véritable stratégie de développement.

C’est peut-être là que commence le prochain grand chapitre économique du Bas-Artibonite.

 

Et si le Bas-Artibonite devenait l’un des premiers laboratoires du redressement économique et alimentaire d’Haïti ?

 

Grande-Saline possède une combinaison exceptionnelle d’atouts: la terre, l’eau et la mer.

La ville de Grande-Saline est un pôle majeur de pêche et de production de sel marin. Drouin, au sein de la commune, constitue un centre potentiel des activités agricoles et agro-industrielles.

À cet ensemble s’ajoutent la 5e section de Bocozelle, dans la commune de Saint-Marc, ainsi que les communes agricoles de Desdunes et de L’Estère.

Ces territoires doivent désormais être pensés comme un seul bassin économique du Bas-Artibonite.

Notre ambition doit être claire:

– développer la riziculture et les cultures vivrières;

– transformer localement nos productions;

– moderniser la pêche et la transformation halieutique;

– moderniser la production et le conditionnement du sel marin;

– développer le stockage et la chaîne du froid;

– mécaniser l’agriculture;

– valoriser la voie Lucille et les routes agricoles;

– développer la logistique et le transport maritime;

– utiliser les énergies renouvelables pour soutenir la production.

Il faut passer de:produire → vendre des matières premières.

À: produire → transformer → stocker → transporter → distribuer.

L’objectif est de faire du Bas-Artibonite l’un des principaux pôles agro-industriels et agro-maritimes d’Haïti, capable de contribuer significativement à l’approvisionnement alimentaire national et de créer une nouvelle économie fondée sur la riziculture, la pêche, le sel et la logistique maritime.

Grande-Saline peut devenir un laboratoire du redressement économique national.

Drouin produit. Grande-Saline valorise la mer. Bocozelle, Desdunes et L’Estère renforcent le bassin agricole. L’industrie et la logistique créent la valeur.

La terre. L’eau. La mer. Le travail. L’industrie.

C’est ainsi que nous pouvons reconstruire une économie productive et durable.

KONNEN KI FÈ

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