
Le débat autour de l’organisation des prochaines élections prend une nouvelle tournure en Haïti. Le parti Alternative Socialiste (ASO) accuse le Conseil Électoral Provisoire (CEP) de vouloir s’appuyer sur des accords politiques controversés pour encadrer le processus électoral. À travers une lettre ouverte publiée le 5 mai 2026, la structure politique appelle l’institution électorale à respecter strictement la Constitution et met en garde contre toute décision jugée illégale.
Par cette correspondance, ASO exprime ses profondes réserves face à l’éventuelle utilisation du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections comme référence dans le processus électoral en préparation.
Pour les dirigeants de l’ASO, cette démarche constituerait une dérive institutionnelle susceptible de fragiliser davantage la crédibilité du scrutin à venir. Le parti estime que le CEP ne peut en aucun cas s’appuyer sur un accord politique pour orienter ses décisions, rappelant que seule la Constitution ainsi que les lois électorales en vigueur doivent servir de fondement aux actions de l’institution.
Au cœur des critiques formulées par la structure politique figurent certaines dispositions du pacte signé le 23 février 2026. Selon les responsables d’ASO, ce document accorderait des attributions présidentielles à un Premier ministre chargé uniquement de gérer les affaires courantes, une situation qu’ils jugent contraire à l’esprit et à la lettre de la Constitution haïtienne.
À travers cette sortie médiatique, ASO cherche également à attirer l’attention sur les risques d’un précédent politique pouvant, selon eux, compromettre l’équilibre institutionnel du pays. Le parti considère qu’une telle interprétation des pouvoirs publics ouvrirait la voie à des abus dans la conduite de la transition politique.
Dans leur correspondance, les signataires mettent directement en garde les membres du CEP contre toute décision inspirée de ce pacte qu’ils qualifient de « non contraignant ». Ils préviennent que toute mesure prise en dehors du cadre légal pourrait engager la responsabilité des conseillers électoraux sur les plans administratif, civil et pénal.
ASO appelle ainsi le Conseil Électoral Provisoire à garantir un processus électoral impartial, transparent et respectueux des principes démocratiques. Le parti insiste également sur la nécessité d’assurer une égalité de traitement entre toutes les organisations politiques appelées à participer aux futures élections.
Cette nouvelle prise de position intervient dans un contexte politique déjà marqué par une forte méfiance autour de la transition et des mécanismes devant conduire au retour à l’ordre constitutionnel. Alors que plusieurs secteurs réclament des élections crédibles et inclusives, les débats autour du rôle réel des accords politiques dans la gouvernance continuent d’alimenter les tensions sur la scène nationale.
Judelor Louis Charles
