
L’Ambassade des États-Unis en Haïti a annoncé, ce vendredi 17 octobre 2025, des sanctions contre deux figures haïtiennes, Dimitri Hérard et Kempes Sanon, les accusant de soutien direct à l’organisation criminelle “Viv Ansanm” et d’avoir contribué à la flambée de la violence des gangs dans le pays.
La désignation, effectuée en vertu du Décret exécutif 13224, vise à cibler les acteurs de la déstabilisation d’Haïti. Selon la note de l’Ambassade publiée sur son site, Dimitri Hérard, ancien responsable de l’Unité de Sécurité Générale du Palais National (USGPN), et Kempes Sanon, connu pour ses liens avec des groupes armés, sont accusés d’avoir financé, armé et facilité les opérations de la coalition de Viv Ansanm.
La coalition de Viv Ansanm est clairement identifiée par Washington comme une menace directe à la stabilité et à la sécurité du pays. Les deux hommes sont spécifiquement reprochés d’avoir alimenté la violence urbaine, organisé des extorsions et participé à des attaques contre la population civile.
En application du Décret exécutif, tous les biens et intérêts que Dimitri Hérard et Kempes Sanon possèdent aux États-Unis, ou qui sont sous le contrôle de citoyens américains, sont désormais gelés. Toute entité détenue, directement ou indirectement, à hauteur de 50 % ou plus par l’un ou l’autre des sanctionnés, est également bloquée.
Il convient de préciser le rôle de chacun des sanctionnés dans le contexte de l’insécurité haïtienne. Dimitri Hérard est reconnu comme l’un des cerveaux qui coordonnent les exactions des gangs cachés dans le territoire dirigé par la coalition “Viv Ansanm” et est en cavale depuis la dernière évasion survenue à la prison du Pénitencier national. Quant à Kempes Sanon, il est le chef du gang de Bel-Air, initialement affilié à la coalition de G-Pèp.
Selon l’Ambassade, ces nouvelles sanctions renforcent la pression exercée par Washington contre les individus impliqués dans la spirale de l’insécurité qui ravage Haïti. “L’ère de l’impunité est révolue,” a conclu l’Ambassade dans sa note, soulignant la détermination américaine à tenir responsables ceux qui soutiennent la criminalité organisée en Haïti.
Judelor Louis Charles
