Haïti – Politique : L’Alternative Socialiste propose une refondation du Conseil Présidentiel de Transition
Dans un contexte politique toujours incertain, le parti Alternative Socialiste (ASO) a présenté un ensemble de propositions visant à réorienter la transition politique actuelle, qu’il considère comme minée par l’inefficacité, les compromis douteux et la méfiance grandissante de la population.
Selon l’ASO, le gouvernement issu des crises successives de l’après Jovenel Moïse et de l’ après Ariel Henry semble désormais pris en étau entre les attentes immenses d’un peuple en détresse et les limites structurelles du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Si le format de cette transition peut paraître insolite, le parti rappelle qu’Haïti a déjà expérimenté un modèle similaire avec le Conseil Exécutif de Gouvernement (ou Gouvernement Collégial) en 1957, une expérience marquée par des espoirs rapidement déçus.
L’Alternative Socialiste pointe du doigt les failles du CPT, notamment son incapacité à garantir la sécurité des citoyens et à instaurer un climat de confiance propice à une véritable transition démocratique. Le seul souvenir que pourrait laisser ce Conseil, selon le parti, serait celui du scandale de la Banque Nationale de Crédit (BNC), symbole d’un pouvoir incapable de se hisser à la hauteur de ses responsabilités historiques.
Conscient que recommencer à zéro avec de nouveaux ou d’anciens acteurs risquerait d’aggraver la paralysie institutionnelle, l’Alternative Socialiste privilégie une refondation interne de la transition. Le parti avance ainsi quatre propositions clés :
1- Le retrait immédiat des membres du CPT impliqués dans le scandale de la BNC, afin de restaurer la crédibilité de l’institution.
2- Le retrait des deux membres observateurs du Conseil, dont la présence ne vise, selon l’ASO, qu’à assurer le silence politique d’un groupe affilié à l’ancien régime.
3- La création d’un Organe de Contrôle de l’Action du Gouvernement (OCAG), composé de neuf membres, doté d’une feuille de route claire pour assurer la reddition de comptes et la transparence dans la gestion de la transition.
4- Le départ du Premier ministre actuel, perçu comme un obstacle à l’indépendance de la transition, et le lancement d’un nouveau gouvernement chargé de rendre rapidement opérationnels deux structures cruciales : le Conseil National de Sécurité (CNS) et l’Agence Nationale de Renseignement (ANR).
Pour l’Alternative Socialiste, il ne s’agit pas uniquement de corriger les erreurs du présent, mais de poser les bases d’un projet politique progressiste, à même de rompre avec le cycle infernal des pouvoirs oligarcho-mafieux.
« Le devoir de tout patriote, de tout démocrate, de tout progressiste est de construire une transition qui serve réellement les intérêts du pays et réponde aux aspirations populaires », conclut le document daté du 30 juin 2025 signé par le Coordonnateur Jean-Paul Bastien et le Porte-parole Jean Hénold Buteau.
Avec cette prise de position forte, l’Alternative Socialiste entend réaffirmer sa volonté de jouer un rôle actif dans le redressement politique et moral du pays.
Judelor Louis Charles
