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La signature d’un contrat portant sur la construction et l’exploitation de trois centres carcéraux modernes relance le débat sur le recours aux partenariats public-privé pour moderniser les services publics en Haïti. L’accord, conclu en décembre 2025 par l’administration du Premier ministre avec une société internationale en partenariat avec des entreprises basées aux États-Unis et au Panama, prévoit une concession d’une durée de cinquante ans.

Le projet, estimé à 85,4 millions de dollars américains, vise à construire trois établissements pénitentiaires afin de répondre à la crise chronique du système carcéral haïtien, marqué par la surpopulation, le manque d’infrastructures et des conditions de détention régulièrement dénoncées par les organisations de défense des droits humains.

Selon les dispositions contractuelles, l’État haïtien garantit les emprunts contractés pour financer les travaux et s’engage à verser 22 dollars par détenu et par jour durant toute la période d’exploitation.

Pour les autorités, ce mécanisme pourrait permettre d’introduire des standards modernes de gestion et d’améliorer les conditions de détention dans le pays.

Mais l’organisation Fondasyon Je Klere (FJKL) s’inquiète des implications financières de l’accord. Dans un rapport publié le 4 mars, elle souligne que les garanties accordées au concessionnaire pourraient représenter une charge importante pour les finances publiques.

L’organisation pointe également une clause prévoyant un taux minimal d’occupation de 75 %, qui pourrait obliger l’État à compenser financièrement l’entreprise si ce seuil n’est pas atteint.

Pour les observateurs, le dossier illustre le dilemme auquel font face les autorités : moderniser des infrastructures essentielles tout en évitant d’engager l’État dans des obligations financières lourdes sur plusieurs décennies.

 

Alasopress

 

 

 

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