Amnesty International dénonce la nouvelle interdiction de voyage décrétée par les États-Unis
Dans un communiqué publié ce jeudi, Amnesty International s’insurge contre le nouveau décret migratoire du président américain Donald Trump, qualifiant la mesure de « raciste, injuste et contraire au droit international ». Le texte, rendu public peu après l’annonce officielle de la Maison Blanche, condamne l’interdiction d’entrée sur le sol américain imposée à des ressortissants de treize pays, dont Haïti, l’Afghanistan, l’Iran, la Somalie et la République démocratique du Congo.
Pour l’organisation de défense des droits humains, cette décision s’inscrit dans une continuité de politiques discriminatoires menées par l’administration Trump, déjà pointée du doigt par le passé pour ses mesures contre les migrants et les demandeurs d’asile.
« Cette interdiction est discriminatoire, raciste et franchement cruelle », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International. L’organisation dénonce une mesure qui, selon elle, ne repose sur aucun fondement sécuritaire objectif, mais qui vise délibérément des populations principalement noires, brunes ou musulmanes, violant ainsi les principes fondamentaux du droit international des droits humains.
Amnesty met également en garde contre les effets sociaux et politiques de cette interdiction, qui, selon elle, contribue à alimenter les stéréotypes, les discours haineux et la stigmatisation de certaines communautés. « En ciblant des personnes en fonction de leur race, religion ou nationalité, cette interdiction renforce la fausse idée que ces populations représentent une menace sécuritaire », insiste Callamard.
L’organisation rappelle que cette politique va à l’encontre du droit des personnes à chercher refuge et à bénéficier d’une protection internationale. Elle souligne les conséquences dramatiques pour des milliers de familles fuyant les persécutions, les conflits armés et les crises humanitaires, et dont l’espoir d’accéder à un refuge sûr est désormais anéanti.
Ce nouveau décret, qui entrera en vigueur le 9 juin prochain, représente pour Amnesty une nouvelle itération des politiques migratoires « restrictives et xénophobes » de l’administration Trump. Parmi les précédents, l’organisation cite notamment la séparation des familles, les détentions arbitraires et les expulsions massives ayant marqué les dernières années.
Face à cette situation, la secrétaire générale d’Amnesty International appelle à une refonte en profondeur de la politique migratoire américaine :« Les communautés prospèrent lorsque les gouvernements garantissent la sécurité de tous, sans distinction de nationalité, de religion ou de race. Nous ne cesserons jamais de lutter pour un monde où chaque personne est traitée avec dignité, où les migrants et les demandeurs d’asile sont accueillis et reconnus pour leur contribution à la société. »
Du côté d’Haïti, le gouvernement a réagi avec retenue, privilégiant la voie du dialogue avec les autorités américaines, tout en exprimant son inquiétude face aux répercussions de cette mesure sur ses ressortissants.
Judelor Louis Charles
