Procès à Washington : Yonyon nie tout lien avec l’enlèvement des 17 missionnaires en Haïti

Devant une cour fédérale à Washington ce mercredi, Germine Joly, alias « Yonyon », a fermement nié toute implication dans l’enlèvement de 17 missionnaires, dont 16 Américains et un Canadien survenu en octobre 2021 en Haïti.

Soupçonné d’être une figure de proue du gang haïtien 400 Mawozo, Joly a rejeté toute appartenance à cette organisation criminelle. Extradé vers les États-Unis en mai 2022, il fait face à de multiples chefs d’accusation, notamment pour trafic d’armes et enlèvements, des crimes qu’il aurait orchestrés depuis une prison haïtienne.

Vêtu d’un costume noir et portant des lunettes, l’accusé a pris la parole à la barre pour nier être le fondateur ou même un membre du gang, malgré les revendications de ce dernier dans l’affaire des missionnaires. Ces derniers avaient été enlevés alors qu’ils visitaient un orphelinat près de Port-au-Prince, un événement qui avait bouleversé la communauté internationale. Leur libération s’était échelonnée sur près de deux mois.

Alors que le gang affirmait que les missionnaires s’étaient évadés, le FBI avance une autre thèse : une rançon aurait été discrètement versée, possiblement en échange de la libération espérée de Joly. Les enquêteurs soupçonnent également que l’enlèvement visait à exercer une pression pour sa remise en liberté.

En janvier 2024, Joly avait plaidé coupable à 48 chefs d’accusation, incluant blanchiment d’argent et trafic d’armes automatiques entre la Floride et Haïti. Ces armes auraient servi à commettre divers crimes assassinats, extorsions et enlèvements au profit du gang 400 Mawozo.

Toutefois, il a cependant reconnu avoir vendu des armes à certains membres du gang, notamment à son cousin Joseph Wilson, alias « Lanmò Sanjou », présenté comme le chef actuel de l’organisation et activement recherché par le FBI.

Malgré des preuves accablantes échanges de messages, transferts d’argent, documents matériels présentées par le ministère public, Joly campe sur sa ligne de défense. Les procureurs ont sollicité un délai supplémentaire pour faire comparaître un témoin clé. Les plaidoiries finales, initialement prévues ce mercredi, ont été reportées à jeudi, selon le Miami Herald.

Déjà condamné à 35 ans de prison pour trafic d’armes, Germine Joly reste inculpé dans cette affaire distincte de 16 chefs d’enlèvement.

Judelor Louis Charles
Alaso.Press
Avec Miami Herald