Haïti-insécurité: Alternative Socialiste dénonce la terreur que sèment les gangs armés ainsi que l’incapacité avouée du CSPN

Dans une note rendue publique, le parti Alternative Socialiste (ASO) dresse un tableau sombre de la conjoncture. La structure souligne que depuis l’invasion de Kenscoff en février dernier, la panique s’est généralisée dans toute la périphérie de Port-au-Prince, poussant des milliers de familles à fuir, livrées à elles-mêmes face à la violence persistante des gangs armés. Face à cette situation alarmante, l’ASO dénonce l’inaction des autorités en place et exige la remise en cause du CSPN.

Pour décrire la cruauté avec laquelle les gangs armés théorisent la population. l’Alternative Socialiste (ASO) évoque, à travers son document, l’assassinat d’une famille entière, brûlée vive à Kenscoff. Elle s’incline devant la mémoire de cette famille et de toutes les victimes de cette barbarie.

D’un autre côté, Alternative Socialiste critique l’inaction des autorités et la faiblesse des forces de sécurité, malgré quelques efforts de la Police nationale d’Haïti. « L’inaction et l’inefficacité des autorités agravent le sentiment d’abandon », peut-on lire dans le document. L’organisation pointe également l’instabilité au sein du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), qui, en douze mois, en est déjà à sa troisième présidence, sans avoir enclenché le moindre changement concret.

En outre, ASO déplore à travers le document l’absence d’un plan cohérent pour démanteler les groupes armés, qui continuent d’étendre leur contrôle territorial. 《Malgré un « budget de guerre » annoncé par le coordonnateur du CPT, Fritz Jean, et une hausse des fonds alloués à la Police Nationale d’Haïti et aux Forces armées d’Haïti (FAD’H), l’insécurité s’aggrave et les recettes de l’État s’effondrent》, lit-on dans la note signé par le coordonnateur de la structure Jean Paul Bastien et le porte-parole Jean Hénold Buteau. Cette spirale infernale illustre, selon ASO, l’effet dévastateur de l’insécurité sur l’économie nationale.

Face à cette situation, l’organisation appelle à un véritable « effort de guerre », impliquant des sacrifices réels de la part des dirigeants : réduction des dépenses non essentielles, abandon des privilèges indus, et création d’un fonds spécial dédié intelligemment et de manière diligente à la sécurité. ASO condamne également l’inefficacité du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), paralysé par des conflits internes et des rivalités politiques, alors que les gangs attaquent même des commissariats sous les yeux des forces de l’ordre.

Au terme de la note, Alternative Socialiste tire la sonnette d’alarme pour dénoncer les « bandits en costume-cravate » : des acteurs du secteur privé et de l’administration publique qui, selon elle, profitent du chaos à travers le trafic illégal d’armes et les contrats de sécurité, de transport et d’importation.

Dans ce contexte, ASO lance un appel à la mobilisation nationale : pour le remplacement immédiat de l’équipe actuelle du CSPN ; pour l’union entre la population et les forces publiques afin de repousser et neutraliser les groupes criminels armés ; contre les dirigeants et partis politiques qui exploitent la crise à des fins personnelles ; et contre les profiteurs en col blanc qui nourrissent sciemment l’insécurité pour préserver leurs intérêts.

Écrit par Judelor Louis Charles