
Une rumeur persistante faisant état d’un incendie dévastateur au Jardin Botanique des Cayes a provoqué une vive émotion au sein de la population ces derniers jours. Face à l’ampleur de l’inquiétude, le Directeur départemental de l’Environnement du Sud, Jean Marc Chérisier, est monté au créneau pour rétablir les faits et opposer un démenti formel à ces informations jugées inexactes.
Depuis environs 3 jours, la Direction du Jardin Botanique a annoncé la fermeture prolongée du site, y compris à l’occasion de la fête du Fête du Travail le 1er mai 2026, une période pourtant marquée, chaque année, par une forte affluence. Dans une note adressée au public, les responsables évoquent une incapacité exceptionnelle à accueillir des visiteurs une première depuis plus de deux décennies.
À l’origine de cette décision, une situation préoccupante qui perdure depuis plusieurs mois. Le jardin, fermé depuis plus de huit mois, a subi d’importantes dégradations. Plusieurs espèces végétales, notamment locales et endémiques, ont été détruites. Certaines zones du site ont été coupées, brûlées ou détournées de leur vocation initiale pour être transformées en plantations agricoles, notamment de bananes.
Des portions du jardin auraient également servi à la production de charbon de bois, portant un coup dur à cet espace dédié à l’éducation environnementale, à la recherche scientifique et à la conservation de la biodiversité.
Ces éléments ont rapidement nourri des spéculations sur un incendie généralisé ayant ravagé l’ensemble du site. Une version catégoriquement rejetée par Jean Marc Chérisier.
« Le Jardin Botanique des Cayes n’a pas été incendié. Les images diffusées ne reflètent pas la réalité dans son ensemble », a-t-il déclaré, appelant à la prudence face à la circulation d’informations non vérifiées.
Selon ses précisions, les faits remontent à la période comprise entre décembre 2025 et janvier 2026. Une partie du terrain aurait été exploitée par une famille héritière pour des activités de production de charbon, entraînant des dégâts localisés, mais en aucun cas un incendie généralisé.
Tout en condamnant fermement ces pratiques, le responsable environnemental reconnaît la gravité de la situation. Il souligne toutefois qu’il s’agit de dommages circonscrits et non d’une destruction totale du jardin. Des discussions seraient actuellement en cours entre les autorités concernées et les parties impliquées afin de trouver une issue durable et protéger ce patrimoine écologique.
Malgré ce contexte difficile, les responsables du Jardin Botanique des Cayes entendent maintenir leur engagement en faveur de la sensibilisation environnementale et de la préservation des ressources naturelles. La réhabilitation du site reste une priorité, même si aucun calendrier précis n’a encore été communiqué.
Au-delà de cet épisode, cette affaire met en lumière les défis persistants liés à la gestion et à la protection des espaces naturels en Haïti. Elle rappelle surtout l’urgence de renforcer les mécanismes de préservation de ces sites, essentiels pour les générations présentes et futures.
Par Judelor Louis Charles
