
Dans une note de presse rendue publique le dimanche 25 janvier 2026, le comité de pilotage de l’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana salue la décision prise par cinq (5) membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) de révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Cette décision marque un moment décisif dans la lutte du peuple haïtien pour la souveraineté nationale, la justice sociale et le respect de l’intérêt général.
En effet, la crise haïtienne actuelle ne se résume plus à un simple dysfonctionnement institutionnel. Elle révèle, au contraire, une confrontation profonde entre des intérêts de classe antagonistes. D’un côté, une majorité populaire appauvrie et marginalisée ; de l’autre, une minorité économique historiquement dominante, déterminée à conserver ses privilèges.
Dans ce contexte, le comité de pilotage prend acte de la note rendue publique le 22 janvier 2026 par une frange du secteur privé, exprimant son soutien à Laurent St-Cyr. Une telle prise de position illustre clairement la volonté persistante de certains groupes économiques d’influencer directement les décisions politiques et institutionnelles du pays. Cela se fait, une fois de plus, au détriment de la souveraineté nationale, de l’intérêt général et des aspirations démocratiques du peuple haïtien.
Par conséquent, la révocation du Premier ministre constitue une étape importante dans la prise de conscience collective du niveau d’ingérence combinée de l’international, des élites économiques et des acteurs politiques locaux dans la gouvernance du pays. Elle met également en lumière la gravité de la crise politique, sécuritaire et sociale qui menace l’avenir de la nation.
Dès lors, cette décision ouvre une opportunité historique de rupture avec un modèle de transition capturé par des intérêts de classe. Elle permet aussi de prévenir le recours à des solutions imposées de l’extérieur, à l’approche de l’échéance cruciale du 7 février 2026.
À ce titre, le comité de pilotage estime que cette situation doit conduire à de nouvelles perspectives politiques majeures. Il s’agit notamment de la nomination et de l’installation d’un Premier ministre a.i. réellement indépendant des oligarchies économiques et des agendas étrangers. De plus, un changement stratégico-politique au sein du leadership du Conseil Présidentiel de Transition devra être envisagé si l’actuel coordonnateur entrave l’exécution d’une décision prise à la majorité, conformément au cadre légal.
Par ailleurs, le comité de pilotage appelle à la convocation urgente des forces politiques, sociales et populaires en vue de la conclusion d’un accord politique inclusif avant le 7 février 2026. Cet accord devra être fondé sur la justice sociale, l’équité et la souveraineté nationale.
En revanche, le comité de pilotage dénonce avec la plus grande fermeté toute tentative d’instrumentalisation de la Police nationale d’Haïti à des fins politiques ou de protection d’intérêts de classe. De telles pratiques ne feraient qu’aggraver la crise actuelle et compromettre toute perspective de stabilité durable.
Enfin, le comité de pilotage de l’Accord de Montana réaffirme son engagement constant à contribuer activement à tout cadre de dialogue véritablement inclusif et responsable. Il s’agit de rompre définitivement avec la logique d’exclusion sociale et de captation du pouvoir par une minorité économique, afin de placer au centre l’intérêt supérieur de la nation, la souveraineté du peuple haïtien et ses aspirations légitimes à la démocratie, à la dignité et à la justice sociale.
AlasoPress
