Dans une conférence de presse tenue ce mardi 6 janvier 2026, les signataires de l’Accord de Montana ont réaffirmé leur mission et définir les stratégies pour accompagner le peuple haïtien tout en restant fidèle aux fondements et à la vision historique de l’accord, centrée sur la rupture avec les pratiques de gouvernance qui ont conduit le pays dans la crise actuelle.

L’Accord du 30 août avait pour ambition de mettre en place une transition capable de répondre aux attentes de la population et de restaurer l’ordre constitutionnel et institutionnel. Cependant, 20 mois plus tard, deux gouvernements se sont succédé sans réussir à établir un pouvoir légitime ni à améliorer les conditions de vie des Haïtiens.

Selon les signataires, la transition a échoué : elle n’a apporté ni espoir ni sécurité pour organiser des élections crédibles. Au contraire, elle a amplifié l’insécurité, l’impunité, la corruption, la faim et le chômage. Le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils Aimé a démontré son incapacité à résoudre les problèmes majeurs : sécurité, réformes institutionnelles et organisation d’élections transparentes sont restés lettre morte.

Sous la direction du Premier ministre, le contrôle de la sécurité et des principales institutions de l’État police, CSPN, ministères clés n’a produit aucun résultat concret selon les acteurs de l’Accord de Montana. Pendant ce temps, selon les donnés partagés par les signataires, environ 1,5 million de déplacés internes vivent dans des camps précaires et 5 millions d’Haïtiens souffrent d’insécurité alimentaire, avec une inflation qui atteint 30 %.

Les conséquences sont dramatiques : abandon des terres agricoles, effondrement des petites productions, effritement de la classe moyenne et fermeture de nombreuses entreprises. Les gangs continuent d’exercer leur loi, et la population est laissée sans protection ni assistance.

Face à cette situation catastrophique, l’Assemblée des signataires de l’Accord Montana appelle tous les Haïtiens et la diaspora à se mobiliser pour contrer les projets criminels de certains acteurs internationaux et locaux qui exploitent la crise pour défendre leurs intérêts personnels.

L’Assemblée plaide pour une solution politique haïtienne, construite dans le dialogue avec toutes les forces sociales, économiques et politiques honnêtes du pays, excluant criminalité, impunité et corruption.

L’Assemblée a mis en place un comité pilotage chargé de coordonner les actions politiques et stratégiques. Les prochaines étapes incluent :Des rencontres avec tous les secteurs de la société : églises, vodou, syndicats, universités, paysans, professionnels, etc.

• La préparation d’une Conférence des acteurs pour élaborer un consensus politique original, plaçant les revendications de la population au cœur des décisions.

• La définition d’un plan de transition national avec des solutions concrètes pour la sécurité, les élections et la gouvernance.

• La mise en place d’un calendrier d’actions du 6 janvier au 6 février 2026, impliquant aussi la diaspora, pour garantir une solution durable et adaptée à la crise.

L’Assemblée insiste sur la nécessité de retrouver la souveraineté nationale et de cesser de dépendre des interventions étrangères pour décider du futur du pays.

Alasopress