
À la veille de la Journée internationale de lutte contre la corruption, l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a frappé un grand coup. Dans un rapport explosif rendu public, l’institution affirme que le patrimoine de l’ancien président haïtien Joseph Michel Martelly aurait augmenté de 270 % après son passage au pouvoir. Une progression jugée « injustifiée » par les enquêteurs, qui recommandent la mise en mouvement de l’action publique pour fausse déclaration de patrimoine.
Selon les informations contenues dans le rapport, Michel Martelly avait initialement déclaré six comptes bancaires. Mais l’enquête de l’ULCC révèle l’existence de plus de dix-sept comptes, ainsi que trois cartes de crédit enregistrées au nom de l’ancien chef de l’État et de son épouse, Sophia Martelly.
Ces écarts substantiels entre les déclarations officielles et les découvertes des enquêteurs constituent, selon l’ULCC, des indications sérieuses d’une possible dissimulation d’actifs.
Autre point d’achoppement : les revenus déclarés. Michel Martelly affirmait percevoir 181 000 dollars américains par an. Or, en fonction de son salaire officiel, l’ULCC estime que ce montant aurait dû s’élever à 2 207 410,70 gourdes, une incohérence majeure soulignée dans le rapport.
Le revenu global de la famille Martelly est, quant à lui, évalué à 529 000 dollars américains, sans qu’aucune pièce justificative n’ait été présentée pour étayer ces chiffres. Pour les enquêteurs, ces revenus déclarés sont non vérifiables et, à ce titre, préoccupants.
Les conclusions du rapport sont sans ambiguïté. Face aux multiples incohérences relevées, l’ULCC recommande que l’action publique soit engagée pour fausse déclaration de patrimoine, un délit prévu par la législation haïtienne sur la probité publique.
Dans un message publié sur son compte X le lundi 8 novembre 2025, le directeur général de l’ULCC, Hans Joseph, a insisté sur la détermination de l’institution à poursuivre son travail sans relâche :« À la veille de la célébration de la Journée internationale de lutte contre la corruption, l’ULCC transmet 5 rapports d’enquête sur des faits avérés de corruption. Le message est clair : nul n’est au-dessus des lois de la République.
Le combat contre la corruption en Haïti est sans répit, on continue d’assainir. », déclare-t-il.
Ce nouveau rapport place une fois de plus la question de la transparence et de la reddition de comptes au cœur du débat public en Haïti, dans un contexte où la lutte contre la corruption demeure un défi majeur pour l’État et ses institutions.
Judelor Louis Charles
