
Ce lundi 17 novembre 2025, la ville de Miragoâne a été le théâtre d’une importante mobilisation citoyenne en appui au Commissaire Jean Ernest Muscadin, un geste de solidarité qui intervient quelques jours après la publication d’un rapport accablant de l’ONU dénonçant des exécutions extrajudiciaires qui lui seraient attribuées.
Cette démonstration de soutien fait suite à la diffusion d’un rapport du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), qui accuse le commissaire Muscadin d’avoir exécuté, sans jugement, au moins 27 personnes au cours du dernier trimestre documenté.
De plus, deux rapporteurs spéciaux de l’ONU ont adressé une correspondance officielle au gouvernement haïtien, exigeant des explications sur les agissements du magistrat. Ces faits sont jugés par l’organisation internationale comme alarmants et en totale violation des principes fondamentaux de l’État de droit.
Cependant, pour une grande partie de la population de Miragoâne et des zones environnantes, ces accusations sont perçues comme une attaque ciblée contre l’un des rares représentants de l’ordre qui ose affronter les gangs armés et les criminels notoires qui contrôlent des pans entiers du territoire national. « Muscadin, c’est la justice que nous n’avons jamais eue », a déclaré un manifestant.
Les supporteurs affirment que les méthodes du commissaire, bien qu’ inhabituelles, reflètent une réalité où la justice traditionnelle a lamentablement échoué.
D’autres manifestants n’ont pas hésité à taxer l’ONU et la communauté internationale d’hypocrisie. Ils estiment que ces entités condamnent un homme qui agit dans un contexte d’effondrement institutionnel, sans jamais proposer de solutions concrètes face à la prolifération des gangs et à l’insécurité généralisée.
Malgré cette vague de soutien populaire, des voix critiques, émanant notamment de la société civile et des organismes de défense des droits humains, persistent. Elles rappellent avec force que nul ne peut se substituer à la justice institutionnelle, insistant sur la nécessité de respecter les procédures légales même dans le contexte actuel de crise.
Judelor Louis Charles
