Dans une note de conjoncture rendue publique le 2 mars 2026, le parti politique Alternative Socialiste (ASO) livre une analyse sévère de l’état de la transition politique en Haïti. L’organisation évoque une crise prolongée de gouvernance et estime que les deux années de gestion du Conseil présidentiel de transition (CPT) n’ont pas permis de remettre le pays sur la voie de la stabilité institutionnelle.

Pour ASO, la mission fondamentale assignée au CPT poser les bases d’un ordre démocratique et restaurer la confiance dans les institutions n’a pas été accomplie. Le parti parle d’une période supplémentaire perdue, qui viendrait s’ajouter à une décennie déjà marquée par des blocages politiques, une fragilisation de l’État et un affaiblissement de la souveraineté nationale.

L’analyse du parti met en avant ce qu’il considère comme un retour progressif d’un pouvoir à caractère oligarchique, en référence aux pratiques associées aux précédentes administrations liées au PHTK. Selon ASO, l’incapacité du CPT à rompre avec ces logiques traduirait une absence de rupture réelle dans la conduite des affaires publiques.

Le document souligne également des décisions jugées controversées durant la transition, notamment certaines nominations à des postes exécutifs dans un climat de tensions internes et de pressions diplomatiques. Ces choix auraient contribué, selon l’organisation, à accentuer les divisions plutôt qu’à consolider un consensus national.

Au-delà des critiques institutionnelles, Alternative Socialiste avance l’hypothèse d’une recomposition d’alliances entre secteurs économiques influents et acteurs politiques traditionnels. Cette dynamique viserait à reprendre le contrôle stratégique de l’appareil d’État, incluant l’administration publique, les finances nationales et les forces de sécurité.

Le parti identifie quatre facteurs explicatifs à cette situation : la persistance d’intérêts financiers au sein des structures de transition ; l’absence d’un projet politique clair et fédérateur ; la faiblesse stratégique de certains acteurs politiques et de la société civile ; et, enfin, le rôle d’une frange des médias accusée d’avoir marginalisé les débats de fond.

Dans cette perspective, ASO estime que la crise actuelle dépasse la simple question d’organisation d’élections ou de normalisation institutionnelle. Elle traduirait un affrontement plus profond autour du contrôle du pouvoir politique et de l’orientation des ressources nationales.

En guise d’alternative, le parti appelle à l’élaboration d’une solution nationale fondée sur un large consensus entre forces sociales et politiques, excluant toute ingérence étrangère. Il propose également l’instauration d’un exécutif bicéphale composé d’un président et d’un Premier ministre afin de garantir un meilleur équilibre des pouvoirs et de prévenir les dérives institutionnelles.

S’appuyant sur des références historiques haïtiennes, ASO rappelle les mises en garde d’anciens dirigeants contre les effets de l’ingérence internationale sur le développement matériel et moral du pays.

Le document est signé par le porte-parole du parti, le Dr Jean Hénold Buteau, qui appelle à une mobilisation citoyenne autour d’un projet politique souverain, démocratique et inclusif.

Judelor Louis Charles

 

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