
Face à l’escalade incessante de l’insécurité au cœur de Port-au-Prince, Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé, dans un communiqué de presse publié ce mardi 14 octobre 2025, la fermeture définitive de son Centre d’Urgence de Turgeau. L’organisation humanitaire juge cette décision, bien que douloureuse, absolument inévitable.
Cette structure sanitaire, déjà forcée de suspendre temporairement ses services en mars 2025 à la suite d’un grave incident de sécurité contre son personnel, ne rouvrira plus ses portes. « Depuis plusieurs semaines, la zone entourant le centre de Port-au-Prince est devenue un foyer de violences armées régulières, » explique Jean-Marc Biquet, chef de mission de MSF en Haïti. « Reprendre des activités médicales dans cet hôpital compromettrait fortement la sécurité de nos patients et de nos soignants. »
Il ajoute que le bâtiment a été touché à plusieurs reprises par des balles perdues, rendant toute reprise d’activité tout simplement trop dangereuse.
Déplacé en 2021 depuis Martissant en raison de l’insécurité, le Centre d’Urgence de Turgeau a joué un rôle essentiel dans la prise en charge médicale d’urgence des habitants de la capitale. Entre 2021 et mars 2025, il a fourni des soins vitaux à plus de 100 000 patients.
Malgré des tentatives répétées, incluant des évaluations techniques et des efforts pour renforcer la protection balistique du site, aucune solution n’a permis de garantir la sécurité minimale du personnel et des bénéficiaires.
« MSF regrette profondément cette décision de dernier recours. Elle aura un impact significatif sur l’accès aux soins d’une population déjà durement éprouvée par la violence, l’instabilité et la précarité, » poursuit M. Biquet.
Néanmoins, MSF maintient sa pleine mobilisation pour continuer d’assurer un soutien médical crucial à Port-au-Prince et à Carrefour, tout en explorant activement d’autres solutions.
Avant d’envisager toute nouvelle reprise d’activités médicales dans le centre-ville ou à Carrefour, MSF conditionne son action à la signature d’un protocole d’accord. L’objectif est d’établir un couloir humanitaire sécurisé entre les deux zones, une mesure jugée indispensable pour permettre aux équipes médicales de travailler dans des conditions de sécurité minimales.
L’organisation lance un appel pressant à toutes les parties au conflit pour qu’elles respectent le travail humanitaire et médical, rappelant que l’action médicale doit s’exercer en toute neutralité et à l’abri des violences armées.
Judelor Louis Charles
