
Près de dix mois après sa prise de fonction à la Direction Générale des Impôts (DGI), le 9 décembre 2024, Me Romial Petit dresse un premier bilan marqué par une triple ambition : améliorer les conditions de travail du personnel, repositionner l’administration fiscale face à l’insécurité et rétablir l’intégrité de l’institution.
Pilier de la souveraineté financière depuis sa fondation en 1924 (gérant également la fiscalité locale depuis 1934), la DGI mobilise les recettes fiscales grâce à ses 2 094 agents contractuels et fonctionnaires. Cependant, elle opère dans un environnement institutionnel et sécuritaire particulièrement fragile.
Dès son arrivée, Me Petit a fait du bien-être du personnel un axe prioritaire. « Nous avons résolu plusieurs dossiers relatifs aux rémunérations et revalorisé les efforts des agents. La DGI ne peut atteindre ses objectifs sans un personnel motivé et respecté », souligne le Directeur général.
Cette politique s’est traduite par la résolution de litiges salariaux et la mise en œuvre de promotions internes visant à stabiliser les équipes et restaurer la confiance.
Sur le front de la gouvernance, Me Petit a affiché sa fermeté face à la corruption et aux irrégularités : « Nous avons agi avec fermeté contre les irrégularités. La transparence et la reddition de comptes sont désormais au cœur de notre gouvernance », affirme-t-il, assurant que des mesures disciplinaires et de contrôle strict ont été appliquées pour redorer l’image de la DGI.
L’insécurité est le défi le plus pressant. Elle a contraint la DGI à fermer ou relocaliser 21 bureaux fiscaux. Si plusieurs d’entre eux ont déjà été repositionnés, d’autres devraient suivre d’ici la fin du premier trimestre de l’exercice en cours.
Cette situation a un impact direct sur la mission de l’administration fiscale : « La fermeture d’entreprises et les déplacements de populations réduisent drastiquement la base fiscale », déplore Me Petit. La relocalisation des bureaux est donc un acte de résilience essentiel pour maintenir le lien avec les contribuables et garantir la continuité des services.
Pour bâtir une administration fiscale durablement efficace, Me Petit a engagé plusieurs chantiers prioritaires : la digitalisation accrue des services; l’optimisation des procédures internes et le renforcement de la décentralisation des services fiscaux. « Nous restons déterminés à conduire les réformes nécessaires à la transformation de la DGI », assure le Directeur général.
Près d’un an après son arrivée, Me Romial Petit a incontestablement ramené une certaine stabilité dans une administration souvent bousculée par la crise nationale.
Si le chemin vers une fiscalité moderne, efficace et équitable s’annonce encore ardu, la DGI, pilier incontournable du financement public, demeure une institution importante pour la souveraineté économique d’Haïti.
Par Judelor Louis Charles
